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Rapport d’activité 2021

Rapport d’activité 2021

Bilan de l’activité de la fondation en 2021

C’est avec beaucoup de plaisir que nous vous livrons aujourd’hui le rapport d’activité 2021 de MEGA Social Foundation!

Bien que toujours marquée par le Covid et ses nombreuses restrictions, l’année 2021 a été très riche en rencontres et en développements. L’accompagnement du programme Top Chrono Vers l’Emploi s’est arrêté, mais la Fédération Fourchette Verte Suisse a rejoint les structures que nous accompagnons, et l’on s’en réjouit! Démarche s’est installée à Beaulieu et la mise en œuvre de nouvelles activités de recyclage du textile est en cours. Notre fonds d’urgence créé pour Lire et Écrire a permis à 17 femmes de prendre des cours pour sortir de l’illettrisme. Nous espérons « importer » en Suisse 82-4000 Solidaires, qui a eu une magnifique année et a lancé la rénovation de son incroyable refuge solidaire. La lutte contre la fracture numérique s’est développée, étayée et affinée.

Et une fois de plus, nous vous adressons nos MEGA mercis!!! Merci pour votre confiance, pour nos échanges passionnés, pour nos désaccords, pour nos discussions tellement enrichissantes, pour votre fidélité et pour votre soutien.

Pour faire reculer les inégalités sociales, nous continuerons à:

Mettre en commun

Embarquer des partenaires

Garder le cap

Accompagner le changement

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On se modernise, et on s’améliore

On se modernise, et on s’améliore

On n’arrête pas le progrès! MEGA Social Foundation améliore son site internet, se dote d’un QR Code Twint et intègre le réseau Transnational Giving Europe pour faciliter les dons.

Que d’informations d’un coup, la fin d’année est chargée!

Graf fille au ballon

Tout d’abord, MEGA Social Foundation s’est associée au formidable programme d’insertion professionnelle ada:flow, porté par la Powerhouse Lausanne. Cette formation s’adresse aux personnes motivées, sans emploi, souhaitant retrouver une opportunité professionnelle dans les technologies de l’information, domiciliées en Suisse. Nous leur avons mis à disposition notre site internet et l’équipe s’est formée dessus pour coder, améliorer le design, transformer la mise en page, trouver des images pertinentes, accroître la lisibilité et l’accessibilité du site.

Un grand bravo et une excellente continuation à tous et à toutes pour le travail énorme qui a été fourni, qui nous a poussés à nous améliorer et qui nous tire aussi vers le haut! Nous vous encourageons à soutenir cette formidable initiative pour que de tels projets puissent se développer! L’entrepreneuriat social doit être encouragé et favorisé.

En fin d’année, il n’y a pas que les Black Friday, Cyber Monday et autres soldes douteux, il y a aussi les appels à la générosité et au don. MEGA Social Foundation aussi a besoin de votre soutien pour pérenniser son action, pour accompagner davantage de structures et établir de grandes coalitions contre les inégalités sociales. Précision utile: un mini-don est MEGA important, ce n’est pas la taille qui compte…

QR code Twint

Pour faciliter le don en Suisse, nous sommes maintenant reliés à TWINT. En cliquant sur ce lien ou en scannant notre QR Code, vous aurez la possibilité de faire un don et ainsi d’être MEGA utile à notre structure! Profitez-en pour vous abonner à la MEGA newsletter et inscrivez vos données pour recevoir votre attestation de dons.

Enfin, c’est une grande fierté pour MEGA Social Foundation d’avoir été validée par la France et la Suisse pour rejoindre le réseau Transnational Giving Europe (TGE). Ceci permet à des résident.e.s français.e.s de nous soutenir financièrement tout en bénéficiant directement des avantages fiscaux prévus par la législation française (i.e. 66% d’exonération d’impôts sur le revenu). 

réseau TGE

Concrètement, vous effectuez un don en notre nom, en EUR et en France, sur le compte du TGE tenu par la Fondation de France (représentante française du réseau). Celle-ci se charge de nous reverser ce don en CHF (après déduction de 5% de frais pour financer le fonctionnement du TGE) puis de vous envoyer une attestation de dons française.

La procédure de dons est actuellement restreinte aux virements et il est indispensable de procéder comme décrit dans ce document édité par la Fondation de France. N’hésitez pas à nous contacter pour tout complément d’informations et à nous ajouter comme destinataire de l’email de confirmation de dons: contact@megasocialfoundation.org.

Retrouvez toutes ces informations ainsi que les autres modalités de versement (virement en CHF, Paypal, don récurrent) sur notre page de don!

 

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Crédit photo: S. Hermann & F. Richter de Pixabay

Le véritable coût de nos achats textiles

Le véritable coût de nos achats textiles

Les applications numériques gratuites ont un prix caché : l’utilisation de vos données personnelles. Les vêtements ont également un coût induit énorme : exploitation de personnes, de matières premières, de pollution. Comment améliorer les choses ?

« Si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est toi ». Ce slogan, qui reflète parfaitement la réalité de l’économie numérique, est aujourd’hui bien connu et compris. La gratuité altruiste des géants du numérique, GAFAM américains ou BATX chinois, ne fait pas partie de leur business model et ils génèrent des chiffres d’affaires aussi gros que le PIB d’un petit pays. Ils gagnent donc bien de l’argent ailleurs ! Nous savons maintenant qu’ils exploitent en fait nos données personnelles et les monétisent. Nos données leur servent de matière première pour la publicité qu’ils nous forcent à ingurgiter et leur permettent de mieux connaître nos habitudes, nos goûts, nos horaires de travail, nos appareils numériques. Leur objectif final est de nous vendre un maximum de produits, souvent inutiles, ou de vendre nos données qui viendront ensuite alimenter, par exemple, les algorithmes de matching de célèbres applis de rencontre…

Pour les biens de grande consommation comme le textile, les mêmes raisonnements s’appliquent. Si un vêtement neuf est affiché à un prix dérisoire, c’est qu’au moins une personne a été exploitée pour le fabriquer.

Exploitée comment ? D’abord humainement et socialement. Salaires outrageusement faibles, femmes maltraitées, heures de travail indues, travail des enfants, conditions de travail indignes, perte des savoir-faire et traditions locales, ou encore exposition à des matières cancérigènes.

Ensuite écologiquement. Sols souillés, eaux polluées, teintures toxiques, délocalisations qui génèrent des transports tout autour du globe, accumulation des déchets sur la chaîne de production et de vente, et consommation folle de matières premières.

Il est grand temps que le monde de la mode change, et que nous changions notre rapport à la mode. Changer de look et renouveler sa garde-robe fréquemment, c’est très agréable, et la société actuelle nous explique même que c’est normal. La piètre qualité des vêtements ne leur permet d’ailleurs souvent de ne survivre qu’à peu d’utilisations, on retrouve malheureusement le phénomène d’obsolescence programmée dans le secteur textile (le pire exemple étant les collants !). Mais nos habits sont-ils vraiment ringards au bout de quelques mois ? Ou accordons-nous trop d’importance aux photos et influences des magazines?  Sommes-nous si versatiles que nous n’aimons pas les choses plus de 3 mois ?

Navette tissu
Usine fabrication de coton

La mode émet davantage de gaz à effet de serre chaque année que les vols internationaux et le trafic maritime réunis! Modifier notre consommation est donc devenu indispensable, il faut à la fois consommer moins et mieux. Changer d’habitudes dans un monde qui valorise l’ultra-consommation n’est pas toujours chose simple, les premiers pas sont les plus durs… Alors, nous vous proposons aujourd’hui quelques astuces pour amorcer le changement.

Pour commencer, ne jetez plus aucun de vos textiles dans la poubelle ! Déposez dans les conteneurs à vêtements (ou directement auprès de structures sociales dédiées) tous les habits dont vous n’avez plus l’usage, mais aussi tous vos déchets textiles (vêtements troués, bouts de chiffons, chutes de couture, etc.). Une seule exception : les tissus très souillés, par exemple par de la graisse, qui doivent aller dans la poubelle normale. Si les conteneurs sont opérés par des structures sociales, les pièces en bon état pourront être données aux personnes dans le besoin (Vestiaire social, Emmaüs) ou vendues dans des magasins d’intérêt général spécialisés dans la seconde main (Label Emmaüs, ateapic, Caritas, Ding Fring). Ce circuit court vertueux contribue également à la réinsertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi. Les déchets et les pièces en mauvais état ou inutilisables pourront être recyclés et donc réutilisés dans d’autres matériaux (isolants, chiffons ou nouveaux tissus), tandis que le restant pourra être revendu à l’étranger. Si vous jetez vos bouts de tissus ou habits abîmés dans la poubelle normale, ils seront tout simplement brûlés : aucune possibilité de seconde vie, accumulation de déchets, génération de gaz à effet de serre et aucun bénéfice social… donc c’est tout perdant !

Ensuite, il faut rendre le textile durable dans le temps. On peut commencer par trier son armoire et donner ou jeter (en conteneur approprié bien sûr!) tout ce que l’on n’a pas porté depuis 12 mois et que l’on ne remettra donc certainement jamais. Un bon tri permet déjà d’y voir plus clair et de réaliser le nombre important de pièces dans notre garde-robe! Lorsque l’on achète des vêtements neufs, il vaut mieux éviter la mauvaise qualité qui s’abîme aux premiers lavages ou se troue avec le frottement de la ceinture; être attentive aux matières qui composent votre habit (labels Oeko-tex, écolabel européen, écocert-textile, GOTS ou Bioré; matières recyclées); privilégier les fabrications locales ou proches; vérifier l’impact du vêtement et l’éthique de la marque sur Clear Fashion ou par leur appartenance aux réseaux B Corp ou 1% for the planet®. Et il y encore plein d’autres alternatives à explorer: achetez de la seconde main (le vintage est « so chic » et le vêtement le moins polluant reste celui qui n’est pas produit !), réparez vos vêtements, customisez-les, rendez-les unique avec des perles, des nœuds, des thermocollants, des ajouts ou pourquoi pas des clous argentés. Notre dernière newsletter regorge d’adresses et d’idées, si vous ne l’avez pas reçue, demandez-la en commentaire!

Enfin, il existe une astuce efficace pour avoir une consommation plus raisonnée. Avant chaque achat, on peut déjà se demander si l’on possède déjà son équivalent et si l’on en a vraiment besoin. Ensuite, l’idéal est de reposer l’objet de son désir (ou de fermer son application de shopping) et de différer de 2 jours son acte d’achat… Si l’achat vous semble toujours nécessaire passé ce délai, c’est tout bon, faites-vous plaisir : vous aviez un besoin et non un désir instantané, et le plaisir de l’acte d’achat sera décuplé par l’attente.

Sinon, vous aurez fait une économie, vous n’aurez pas encombré vos placards d’affaires inutiles et cet acte de non-achat est finalement un beau geste pour la planète ! Dans tous les cas, vous venez de faire un premier pas très gratifiant vers un nouveau mode de consommation.

Nous espérons que ces quelques idées vous inspirerons pour entamer un changement de consommation et de vie. Au fait, bienvenue dans le fameux monde d’après !

vintage shopping
matieres pour recyclage

N’hésitez pas à partager avec nous vos idées sur le textile, vos bonnes adresses, vos astuces de consommation ou vos envies pour un prochain article.

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En route vers un nouveau partenariat!

En route vers un nouveau partenariat!

Engagement pour l’insertion professionnelle des jeunes.
MEGA Social Foundation est heureuse de vous annoncer sa nouvelle collaboration avec la société coopérative à but non lucratif, Démarche, basée à Lausanne (VD, Suisse) !

Devanture magasin Ateapic

Pour fêter cette fin d’année 2020 pour le moins stupéfiante, nous avons une grande nouvelle à vous annoncer.

Le coronavirus n’a pas eu raison de MEGA Social Foundation qui continue de se développer! Nous sommes aujourd’hui fiers et heureux de vous annoncer que nous avons noué un partenariat stratégique avec Démarche, société coopérative, basée à Lausanne (VD, Suisse).

Qui est Démarche? C’est une société coopérative à but non lucratif, une entreprise apprenante et citoyenne, qui affiche clairement ses convictions sociales et solidaires. Démarche a pour mission de faire de l’insertion socio-professionnelle pour des personnes éloignées de l’emploi ou en situation de handicap. Pour atteindre ce but, sous l’impulsion de son charismatique dirigeant et fondateur, Stéphane Manco, elle a développé des activités économiques variées telles que la collecte et le tri de textiles, la location d’œuvres d’art d’artistes suisses, la création de magasins (physiques et en ligne) solidaires et éthiques, une buanderie professionnelle, un atelier de réparation de vélos, un service de location de costumes et déguisements, etc. Génial, non?

Aujourd’hui, 150 collaborateurs coachent, encadrent et forment plus de 650 participants chaque semaine à plus de 45 métiers. Pour continuer sa route, Démarche augmente le nombre de participant.e.s et d’apprenti.e.s formé.e.s et propose davantage de missions d’insertion. Celles-ci doivent toujours rester au plus proche du premier marché de l’emploi et répondre aux besoins des futurs employeurs. Dans cette optique, un chantier innovant a été lancé : créer une grande halle textile.

L’objectif : automatiser le tri du textile, trier un volume plus important et de manière plus fine, multiplier les partenariats, améliorer la logistique, réduire les déchets et les émissions polluantes. En résumé, un programme ambitieux, aux impacts sociaux et environnementaux multiples, qui nécessite un MEGA partenaire pour prendre en charge la gestion du projet en interne ainsi que la recherche de partenaires industriels !

Demarche tri
Interieur de magasin Ateapic

Nous sommes très heureux de contribuer au développement de cette future grande halle, qui permettra à de nombreux jeunes éloignés du marché de l’emploi de se former, de s’insérer dans le monde professionnel et de (re)prendre confiance en eux. Ce projet répond également aux enjeux écologiques, économiques et sociaux actuels : création de circuits courts, réemploi, réutilisation, recyclage, réparation, collaboration entre structures locales, promotion de la mobilité douce, mixité sociale.

Bravo aux équipes de Démarche, toujours compétentes, professionnelles et humbles, pour tout ce que vous accomplissez, et merci de nous avoir fait confiance, merci de nous accueillir à vos côtés, nous sommes fiers et heureux d’entamer cette démarche avec vous!

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Illectronisme – la face cachée d’internet

Illectronisme – la face cachée d’internet

Derrière une apparente démocratisation d’internet, il existe une toute autre réalité : celle d’une société numérique fracturée qui laisse de côté des millions de personnes qui souffrent d’illectronisme et qui se retrouvent incapables de bénéficier des nouveaux usages de la vie digitale.

Le trafic internet n’a jamais été aussi dense, les valorisations des sociétés internet sont au zénith et le métier de statisticien (« data scientist ») est l’un des plus recherchés. Nous assistons au triomphe de l’industrie numérique alors que le monde est en plein marasme économique et social. Le succès planétaire d’internet est effectivement une vague irréversible qui emporte tous les vieux usages dit « matériels » et qui entraîne les acteurs de la vie économique et sociale à migrer l’ensemble de leurs services en ligne. Grâce aux smartphones, internet est aujourd’hui accessible à tout le monde, partout et tout le temps. Cet écran de poche est devenu le couteau suisse de nos usages quotidiens : regarder des vidéos, faire des jeux, faire ses courses, communiquer, s’informer, payer, se déplacer, voyager… Nous ne pouvons plus nous en passer !

Envoyer un message Whatsapp, poster une image sur Instagram ou une vidéo sur TikTok : c’est simple comme un clic ! Mais d’autres usages numériques sont plus compliqués : remplir un formulaire administratif en ligne, rédiger une lettre de motivation, utiliser des logiciels de bureautique (traitement de texte, tableur, présentation), utiliser une messagerie email, ou encore télécharger, modifier, envoyer et archiver des fichiers électroniques. Ces fonctions constituent pourtant les compétences numériques de base, celles qui sont indispensables pour qu’une personne puisse développer pleinement et de manière autonome sa vie professionnelle et personnelle, qui passe de plus en plus par le numérique. Ne pas les maîtriser porte désormais un nom : l’illectronisme.

Derrière une apparente démocratisation d’internet, il existe une toute autre réalité : celle d’une société numérique fracturée qui laisse de côté des millions de personnes qui souffrent d’illectronisme et qui se retrouvent incapables de bénéficier des nouveaux usages de la vie digitale.

Cette nouvelle forme d’exclusion sociale n’a rien d’un phénomène marginal. En France, selon un rapport du Sénat publié en septembre 2020, « la dématérialisation généralisée des services publics, à marche forcée, pour 2022 laisse sur le bord de la route 3 Français sur 5, incapables de réaliser des démarches administratives en ligne ». En Suisse, 1 adulte sur 4 ne possède pas les compétences numériques de base (source : OFS 2018).

L’heure est grave et l’exclusion numérique s’accroît avec les mesures sanitaires actuelles ! Avec la fermeture brutale des guichets et autres points de rencontre pendant le confinement, les personnes souffrant d’illectronisme ont été subitement privées d’une assistance humaine précieuse qui leur permettait de naviguer malgré tout sur internet. Si les seniors sont très exposés, les jeunes le sont également ainsi que des millions d’autres personnes :

  • les personnes en situation d’illettrisme (800’000 personnes en Suisse et 2’500’000 en France métropolitaine) ou les allophones, qui ont les plus grandes difficultés à comprendre les consignes affichées sur les écrans et à naviguer sur internet ;
  • les personnes en recherche d’emploi qui ne maîtrisent pas les compétences de base en bureautique et ne sont donc pas en capacité de rédiger un CV ni de l’envoyer par email ;
  • tous les citoyens qui ont tant de mal à comprendre un langage administratif ou juridique élitiste, et devenu quasi-inintelligible sur internet (déclarer ses impôts, demander des papiers, se renseigner sur les aides publiques…) ;
  • les malades qui n’arrivent plus à joindre un médecin maintenant que les rendez-vous se prennent sur internet.

À ces problématiques de compétences s’ajoute un aspect financier puisque de nombreuses activités (dont le télétravail et l’école à la maison) ne peuvent être réalisées correctement que depuis un ordinateur, le smartphone ne pouvant pas répondre à tous les besoins. De trop nombreux foyers ne disposent pas d’ordinateurs pour chaque membre de la famille, ni d’une bonne connexion internet à domicile, ni d’une imprimante. Rappelons également que certains essayent d’installer internet sur Mars alors que nous avons encore tant de « zones blanches » (zone dans laquelle aucun opérateur n’a déployé de réseau internet ou mobile)…

Heureusement, des solutions existent. Elles sont imaginées et assemblées avec la contribution de nombreux partenaires : instituts de formation, fournisseurs de matériel informatique, administrations publiques, fournisseurs d’accès à internet, entreprises. Par exemple, en Suisse, réalise (pionnier de l’entrepreneuriat social) a créé un partenariat avec Simplon pour offrir une formation digitale de qualité aux demandeurs d’emploi. L’Association Lire et Écrire dispense des cours de base en compétences numériques et contribue à la promotion de l’utilisation du français FALC (Facile à Lire et à Comprendre). En France, l’initiative Connexion d’Urgence, impulsée notamment par Emmaüs Connect, SFR et Break Poverty Foundation pendant la première vague du confinement, a permis de connecter plus de 16’000 élèves vivant sous le seuil de pauvreté, et elle est pérennisée par l’opération Réussite Connectée. La Banque Postale mobilise son réseau pour favoriser l’inclusion numérique avec WeTechCare.

 

Alors ne laissons pas notre société, déjà trop morcelée, se faire submerger par le tsunami internet. Organisons-nous pour rendre le monde digital plus inclusif ! Peut-on accepter qu’une personne sur 4 soit laissée pour compte parce qu’il ou elle ne maîtrise pas les nouveaux usages d’internet ou ne dispose pas du matériel adéquat ? MEGA Social Foundation veut faire de l’illectronisme un sujet de premier plan en Suisse. Joignez-vous à nous pour faire connaître cette problématique qui touche tout le monde, qui crée une nouvelle catégorie d’inégalités sociales et qui empêche des gens de faire valoir leurs droits fondamentaux. Pour mener à bien notre mission, nous avons besoin de :

  • trouver du matériel informatique en état de marche ;
  • re-conditionner ce matériel pour le rendre propre à l’usage personnel ;
  • obtenir des licences gratuites pour équiper ces ordinateurs de logiciels de bureautique;
  • obtenir des abonnements internet à prix réduits pour les plus fragiles ;
  • former et embaucher des personnes pour installer et mettre en service les ordinateurs au domicile des personnes en ayant besoin ;
  • fédérer les structures qui travaillent déjà sur l’illectronisme, la fracture numérique et le manque d’accès aux outils informatiques ;
  • créer des lieux où des ordinateurs sont mis à disposition du public et où des formations simples mais régulières sont données sur les usages ;
  • créer des formations sur des usages concrets et pratiques (acheter des titres de transport, faire une recherche internet, envoyer un email, remplir un formulaire en ligne, etc.) ;
  • embaucher des formateurs pour des cours d’informatique ;
  • promouvoir l’utilisation du français FALC auprès des grandes entreprises et des institutions publiques ;
  • trouver des mécènes (fondations, pouvoirs publics, particuliers, entreprises) pour financer l’organisation de ce plan illectronisme d’envergure.

Aidez-nous à relever ce défi du XXIᵉ siècle, ne laissons pas internet devenir une barrière d’exclusion, faisons de l’informatique une ouverture !

Si vous souhaitez participer à cette grande aventure, soumettez-nous vos idées, partagez notre message sur les réseaux sociaux, faites un don pour soutenir notre action !

Crédit photo : Mikhail Reshetnikov (StockLib)

Utilité publique et reconnaissance

Utilité publique et reconnaissance

Une superbe reconnaissance: celle de l’utilité publique!

Bonjour à toutes et à tous,

Ce 1er octobre est un grand jour. Nous avons l’immense plaisir et l’intense fierté de partager une MEGA nouvelle avec vous : l’Administration cantonale des impôts a reconnu que MEGA Social Foundation poursuit une activité d’utilité publique!!

La reconnaissance d’utilité publique est une étape importante de notre développement.

Tout d’abord nous sommes vraiment fiers de l’obtenir après seulement 8 mois d’existence, et pour une durée de 2 ans. Il a fallu convaincre les autorités fiscales, mais avant elles l’Autorité de surveillance et surtout les fondations, les associations et les structures de l’État avec qui nous échangeons quotidiennement.

Ensuite, cela montre la pertinence de notre action contre les inégalités sociales et de notre modèle basé sur la coopération entre structures. Nous travaillons déjà sur 4 programmes (vous les connaîtrez bientôt tous, un peu de patience!), nous mettons à disposition nos compétences professionnelles, nous faisons des dons financiers, nous créons des mises en relation, nous sommes force de proposition… et ce n’est que le début!

Enfin, nos donateurs suisses pourront bénéficier d’une réduction d’impôts… et donc augmenter d’autant leurs dons!!! Nous travaillons activement pour que les donateurs européens puissent également faire reconnaître leurs dons, nous vous tiendrons informés.

D’autre part, le 1er octobre est la Journée Européenne des Fondations et Donateurs, organisée par la DAFNE (Donors and Foundations Network in Europe). L’objectif est de démontrer le rôle que jouent les fondations dans nos sociétés et qu’elles bénéficient à tous.

De nombreuses manifestations et colloques sont organisés et devraient vous intéresser. En voici deux, qui se déroulent en ligne :

  • Le Centre français des Fonds et Fondations organise 3 débats sur les thèmes de la santé, l’éducation et le climat, avec comme invité d’honneur Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports – 16h-18h30;
  • SwissFoundations s’interroge sur l’avenir des fondations et leur rôle dans la crise actuelle, lors de leur évènement « Foundation for future » – 11h45-15h30.

N’hésitez pas à vous joindre à nous, à partager nos nouvelles, newsletters, posts sur LinkedIn et Instagram. Nous avons également besoin de fonds pour que MEGA Social Foundation puisse mener à bien ses missions d’accompagnement opérationnel de structures sociales, de lutte contre l’illectronisme, d’aide à l’enfance. Tout don est bienvenu, tout comme les initiatives de levées de fonds ou de communication.

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Demain, coopération ou compétition?

Demain, coopération ou compétition?

À quoi ressemblera le monde de demain, qui va le construire et avec quels principes fondateurs?

L’apparition du Coronavirus a brutalement dévoilé aux yeux de tous les fragilités d’un modèle économique et social en fin de course. Des changements profonds sont désormais inéluctables, nos sociétés doivent évoluer. Mais à quoi ressemblera « le monde d’après » ?

Personne ne le sait précisément mais des tendances se dessinent : les progrès technologiques vont s’accélérer, la santé sera plus que jamais au cœur des stratégies politiques et industrielles, l’environnement local sera privilégié mais les échanges internationaux ne vont pas s’interrompre pour autant. Nous assisterons également à une multiplication de comportements guidés par la recherche du progrès social et écologique. Quelles seront les motivations des centaines de millions de personnes qui vont s’engager dans ce nouvel élan de solidarité : un gain maximal, la gloire personnelle, le pouvoir solitaire ? Non, car ces objectifs relèvent tous d’une compétition qui sera stérile face aux enjeux qui nous attendent.

Nous croyons que la coopération va prendre le pas sur la compétition. Dans un monde plus ou moins stabilisé où tout semblait accessible, la compétition régnait. Le vainqueur était celui qui vendait le plus de voitures, le plus de téléphones ; celui qui nourrissait le plus grand nombre de personnes, qui instruisait les meilleurs élèves, qui attirait le plus grand nombre de talents. Nous sommes aujourd’hui projetés dans un monde nouveau où les défis sont immenses. Nos civilisations, aussi éloignées soient-elles, se retrouvent toutes confrontées aux mêmes écueils : réchauffement climatique, accroissement des inégalités sociales, pandémies, récession économique, fragmentation géopolitique.

Nous disposons de tous les moyens nécessaires pour surmonter les épreuves à venir : des connaissances scientifiques, des technologies de pointe, des associations efficaces et solidaires, des entrepreneurs talentueux, des travailleurs engagés. Parviendrons-nous à rassembler tous ces atouts pour faire émerger les solutions vitales dont le monde a besoin ? Est-ce que le premier laboratoire qui trouvera un vaccin contre le coronavirus pourra le produire à très grande échelle et le vendre à un coût décent pour toutes les populations? Est-ce que les pays les plus vertueux en matière d’émission de CO2 parviendront à décarboner l’atmosphère si leurs voisins ne participent pas à l’effort ? Est-ce qu’une association, aussi engagée soit-elle, permettra d’effacer les inégalités sociales dont souffrent des milliards d’individus ? Est-ce qu’un gouvernement aura suffisamment de poids (et de courage) pour maintenir les nombreux mais fragiles équilibres géopolitiques ? Sans coopération, la réponse sera à chaque fois non. Les solutions à ces problèmes mondiaux seront nécessairement créées dans un élan collectif et coopératif.

Alors, qui va s’en charger ?

Bien sûr, le monde est doté d’institutions qui œuvrent à une meilleure coopération internationale : l’Organisation Mondiale de la Santé, la Conférence sur les changements climatiques (COP), le G20 ou encore l’UNESCO. Mais elles ne suffiront pas. Il est de notre responsabilité de rediriger nos comportements individuels vers davantage de coopération : adopter les gestes sanitaires barrières, veiller à notre empreinte carbone, consommer de manière responsable et consciente, privilégier le local, favoriser l’économie circulaire, faire preuve de solidarité envers les plus faibles, ajuster et relocaliser les outils de production, soutenir le développement humain par l’emploi, la santé, l’éducation et le divertissement.

Tout cela est à notre portée et produira un impact puissant et rapide sur l’avenir de nos sociétés.

Cette fois-ci, nous gagnerons tous ensemble ou nous perdrons tous ensemble. Face aux enjeux planétaires, les compétiteurs solitaires n’en sortiront pas vainqueurs. Alors soyons déterminés et coopérons pour un monde meilleur!

 

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L’indispensable solidarité

L’indispensable solidarité

« Un pour tous et tous pour un »! Que signifie aujourd’hui la solidarité et comment la vivre concrètement?

En cette période de crise, le mot solidarité n’a jamais été autant utilisé dans les médias et à travers les réseaux sociaux. Il est dans toutes les bouches et émaille (presque) toutes les conversations. Mais quelle est sa signification précise ? Sa concrétisation est-elle un effet de mode ou une tendance durable ?

Explorons ensemble sa définition. Selon le bon vieux dictionnaire Littré, la solidarité est « dans le langage ordinaire, la responsabilité mutuelle qui s’établit entre deux ou plusieurs personnes« . Sa racine étymologique est le mot latin solidum qui signifie la somme ou la totalité. Il faut comprendre la solidarité comme un engagement pris par chaque personne à la place du groupe social auquel elle appartient. Si chaque individu consent à engager sa propre responsabilité, c’est parce qu’il reçoit en échange la protection réciproque de tous les autres membres du groupe. C’est ce qui définit le principe de solidarité et c’est le fondement même de la cohésion sociale. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, « Chacun est seul responsable de tous« . La solidarité est bien plus qu’un simple élan de générosité, elle représente une organisation sociale voulue par des individus qui poursuivent un intérêt commun. Soit dit en passant, la solidarité est également très différente de la charité qui est un acte de don désintéressé relevant de l’altruisme pur.

Tout le monde connaît la célèbre devise des Trois Mousquetaires : « Un pour tous et tous pour un« , popularisée par Alexandre Dumas, qui est une des plus belles expressions de la solidarité. Mais qui se souvient qu’il s’agit d’abord de la devise traditionnelle de la Suisse : « Unus pro omnibus, omnes pro uno« ? L’un des mythes fondateurs de la Confédération suisse, le serment du Grütli, est fondé sur le principe de la solidarité entre les trois cantons de Schwytz, Uri et Unterwald face à l’oppression des baillis habsbourgeois. Seule cette solidarité leur a permis de repousser l’envahisseur et de créer ensuite la Confédération suisse, diverse mais forte et unie. L’esprit de solidarité est d’ailleurs inscrit dans le préambule de la Constitution de la Suisse : « Le peuple et les cantons suisses, conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde […]« .

A une échelle différente, les alpinistes forment une organisation solidaire. Concrètement, le premier de cordée doit s’adapter à la vitesse du dernier pour avancer en toute sécurité. Contrairement à certaines idées reçues, il n’appartient pas au premier de cordée d’imposer son rythme au dernier. Si tel était le cas, le plus faible fragiliserait la cordée et pourrait même chuter, entraînant dans son sillage tous les autres membres, jusqu’au premier de cordée… ce qui serait donc un échec retentissant!

Que se passe-t-il dans une société sans solidarité ? L’actualité nous rappelle qu’en cas de choc, elle s’abîme dangereusement. Prenons le cas des cafés-restaurants. Actuellement fermés avec le confinement et pris en tenaille entre la chute de leurs recettes et le maintien de leurs dépenses fixes (loyers, salaires), ils sont nombreux à risquer la faillite. Personne ne sortirait gagnant d’un scénario sans aucune solidarité : les exploitants seraient ruinés, les salariés au chômage, les clients ne pourraient plus se restaurer, les fournisseurs de boissons et de nourriture seraient privés d’un important débouché commercial, les bailleurs perdraient leurs locataires et l’État serait privé de ses recettes fiscales. L’intérêt commun de la société étant de permettre aux cafés-restaurants de poursuivre leur activité après le confinement, le Canton de Vaud a mis en place un mécanisme de solidarité qui prévoit un effort partagé pour le paiement de 2 mois de loyers : l’État en prend 25% à sa charge, l’exploitant 25% et le bailleur 50%.

Regardons un autre exemple avec l’illettrisme. Au-delà de la bienveillance qui devrait naturellement nous conduire à accompagner ces personnes fragiles, il a été démontré que l’illettrisme représente un coût important pour la société. Les personnes en situation d’illettrisme sont bien souvent exclues des réseaux professionnels ce qui génère des dépenses de chômage importantes pour les contribuables. Lorsqu’elles ont la chance de trouver un emploi, ces mêmes personnes sont sous-employées : bien qu’extrêmement motivées, leurs faibles compétences de base (lecture, écriture, informatique et calcul) péjorent la valorisation de leur potentiel. Ceci entraîne également une perte de valeur ajoutée pour les entreprises. Les enfants des personnes en situation d’illettrisme sont également pénalisés car ils rencontrent plus de difficultés pour faire leurs devoirs à la maison. Là encore, un mécanisme de solidarité permettrait à toute la société de bénéficier d’une baisse de l’illettrisme. C’est ainsi que l’association Lire et Ecrire lutte depuis plus de 30 ans en Suisse Romande contre l’illettrisme dans l’intérêt de toute sa population.

Alors oui, de nos jours, la solidarité est plus que jamais nécessaire et mérite largement d’être soutenue. En fait, elle est vitale à nos sociétés. Le coronavirus et la récession sont des attaques dont les victimes principales sont les plus faibles d’entre nous, avec une santé fragile, maltraités, ou qui vivent dans la précarité et la pauvreté. Ils sont hélas de plus en plus nombreux, comme nous l’avons déjà décrit dans notre dernier article. Pour que la société parvienne à surmonter cette épreuve de crise sanitaire, il faudra que ceux qui en ont les moyens humains et financiers viennent en aide aux autres. C’est grâce à la solidarité que nos sociétés conserveront leur cohésion.

 

 

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La pauvreté en France et en Suisse : même combat?

La pauvreté en France et en Suisse : même combat?

A priori, on pourrait penser que la France et la Suisse n’ont pas les mêmes problèmes face à la pauvreté. Selon le FMI, la Suisse serait le 10ème pays le plus riche de la planète en terme de PIB par habitant (61 360$/habitant) alors que la France n’arriverait qu’en 29ème position (43 551$/habitant). Certains pensent même que la Suisse ne serait pas touchée par la pauvreté. Au delà des clichés, qu’en est-il réellement ?

Rappelons tout d’abord que la pauvreté représente une situation de vie tellement dégradée que les personnes qui vivent dans cet état ne peuvent plus satisfaire leurs besoins quotidiens ni s’intégrer correctement dans la société. Il n’est évidemment ni représentatif ni juste de comparer de manière brute les revenus des personnes en situation de pauvreté dans deux pays distincts, où la monnaie et le coût de la vie diffèrent par définition. En revanche, une personne pauvre en France et une personne pauvre en Suisse subissent les mêmes souffrances : l’exclusion sociale et les pires difficultés à se nourrir, se loger ou se soigner.

Alors, combien de personnes vivent en situation de pauvreté ?

Pour rendre les données comparables au niveau européen, le seuil de pauvreté est fixé pays par pays à 60% de la médiane du revenu disponible  [1]. Autrement dit, les personnes en situation de pauvreté sont celles dont le revenu est significativement inférieur (60%) au revenu représentatif dans leur pays. Selon ce critère, sont touchés par la pauvreté :

  • 13,9% de la population suisse, ou 1,2 millions de personnes (source OFS);
  • 14,7% de la population française, ou 9,3 millions de personnes (source INSEE).

Le premier constat est qu’il y a, en proportion de la population totale, approximativement autant de personnes en situation de pauvreté en France qu’en Suisse. Cela peut sembler contre-intuitif car la Suisse apparaît comme un îlot de richesse. Mais le corollaire de cette prospérité est un coût de la vie extrêmement élevé, qui engendre de la pauvreté.

Le deuxième constat est que la pauvreté touche une proportion très significative de la population dans chacun des deux pays, soit une personne sur sept ! Elle est donc présente partout, sauf à refuser de la voir. Personne ne devrait se sentir épargné par la pauvreté car elle peut atteindre presque tout le monde (dans une proportion accrue pour les familles monoparentales, les personnes âgées et les personnes sans emploi). En effet, 54 % des français ont déjà connu ou failli connaître la pauvreté et près d’un français sur cinq vit à découvert (source : baromètre Ipsos). En Suisse, une personne sur cinq ne peut pas faire face à une dépense imprévue de 2 500 CHF (source : Caritas Suisse), soit environ le coût d’une couronne dentaire.

Les enfants (moins de 18 ans) sont plus particulièrement touchés par la pauvreté : en France et en Suisse, un enfant sur cinq vit au sein d’une famille pauvre. Et c’est la question de notre avenir qui se pose ici. Selon Ipsos, 80 % des français estiment que leurs enfants ont un risque plus élevé que leur génération de connaître un jour la pauvreté. Quel futur propose-t-on à des enfants qui commencent leur vie dans la pauvreté ? Comment les aide-t-on à s’extraire de cet état, qui s’accompagne trop souvent de la honte sociale, de l’isolement, de l’échec scolaire puis du chômage ? Quel sera l’état de nos sociétés dans 20 ans (peut-être même beaucoup plus tôt) si elles ne parviennent plus à intégrer leur force vive ?

Il est enfin préoccupant de noter qu’une partie importante de la population pauvre est composée de personnes ayant un emploi, les working poors. Ils sont de plus de 2 millions en France (8,2% des employés) et près de 300 000 en Suisse (7,4% des employés). Il s’agit principalement de travailleurs précaires : indépendant.e.s, temps partiels et titulaires de CDD.

En résumé, sur le plan de la pauvreté, la France et la Suisse font malheureusement jeu égal : c’est 1 personne sur 7 ; 1 jeune sur 5 et 1 travailleur.se sur 12. Triste comparaison.

Dans ces temps où tous les pays du monde sont durablement touchés par la pandémie Covid-19 et par la récession économique qui s’installe, rappelons que la pauvreté est un autre fléau qui n’épargne personne et qui va sans doute s’aggraver dans cette période de ralentissement général. Plus que jamais, il est dans l’intérêt de chacun d’éliminer les inégalités sociales qui gangrènent la cohésion de nos sociétés et il est de notre responsabilité d’agir pour revitaliser nos modèles de solidarité.

Si cet article vous inspire ou suscite des interrogations, laissez-nous un commentaire ou partagez cet article sur les réseaux sociaux.

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[1Pour une personne seule, le seuil de pauvreté atteint 2’495 CHF par mois en Suisse (chiffre 2018 – source Office Fédéral de la Statistique/OFS)  et 1’041 EUR par mois en France (chiffre 2017 – source INSEE).

Coronavirus, distance sociale et solidarité

Coronavirus, distance sociale et solidarité

Bonjour à toutes et à tous,

Nous vivons actuellement une période inédite en raison du coronavirus qui contraint la moitié de la population mondiale à vivre confinée chez elle.

Pour limiter la propagation de la maladie, il est indispensable de se laver régulièrement les mains, d’avoir une bonne hygiène et de respecter une « distance sociale » entre les individus (de 1 à 2 mètres selon les pays). C’est en restant chez nous que nous protégeons les personnes à risque pour qui cette maladie peut malheureusement s’avérer létale. C’est en respectant les consignes sanitaires que nous aidons le personnel médical et paramédical à effectuer au mieux leur travail, plus que jamais nécessaire et vital.

 

Mona Lisa masquee

Comme vous le savez certainement, le Covid-19 est particulièrement dangereux pour les personnes âgées de plus de 65 ans et pour celles ayant des pathologies respiratoires ou cardiaques. De plus, les cancers, le tabagisme, l’obésité, le diabète, la pollution ou encore l’asthme sont des facteurs aggravants. Cela fait donc une proportion importante de la population, et de vos proches, qui courent un grand risque avec ce virus.

A cela s’ajoute une partie de la population non négligeable mais pourtant trop souvent oubliée, les individus en situation de pauvreté. N’oublions pas que cela concerne 9,3 millions de personnes en France (14,7% de la population) et 1 million en Suisse (12% de la population), dont beaucoup de jeunes enfants. Cette population subit de plein fouet la crise actuelle, qui la rend encore davantage invisible.

Tout d’abord les lieux publics dans lesquels ils pouvaient se restaurer, se reposer, trouver du réconfort, de l’aide ou un abri sont majoritairement fermés (centres d’accueil, parcs, lieux de restauration bienveillants ou à bas coûts, centres d’accueil pour enfants) et beaucoup de maraudes sont annulées. Heureusement la solidarité continue et des initiatives fleurissent aussi, rejoignez-les si vous êtes en bonne santé!

Ensuite, l’école à domicile peut être une formidable aventure dans laquelle les enfants embarquent leurs parents,  l’occasion de se (re)découvrir, de partager des savoirs et d’apprendre ensemble. Mais comment cela va-t-il se passer pour des familles sans équipement internet ou informatique (car oui, il y en a encore beaucoup au 21ème siècle dans les pays dits développés), des parents illettrés ou qui ne parlent pas la même langue, des parents qui ne maîtrisent pas l’informatique? En France, le Ministre de l’Éducation Nationale a annoncé avoir « perdu la trace » de 5 à 8% des élèves… Il est urgent de mettre en place des moyens techniques et humains pour que tous les élèves aient un accès égalitaire à l’école, sans quoi le fossé des inégalités sociales sera abyssal en sortie de crise.

  • Outils mis à disposition gratuitement pendant le confinement : Bibliothèque sans Frontières ouvre son incroyable bibliothèque numérique; Kokoro propose sa méthode d’apprentissage de l’anglais;
  • Le Centre vaudois d’aide à la jeunesse recherche des ordinateurs et smartphones pour aider les jeunes précarisés;
  • Positive Planet a besoin de soutien pour lancer sa plateforme de formation en ligne pour les futurs entrepreneurs des quartiers sensibles;
  • Break Poverty Foundation, Emmaüs Connect et le Collectif Mentorat se mobilisent pour fournir ordinateur et connexion internet à 10.000 jeunes, afin d’éviter la rupture scolaire.

Enfin, les violences domestiques explosent (+32% en une semaine en France), on peut craindre le pire pour une personne confinée avec son bourreau… Les violence domestiques ont fait 149 morts en France en 2019 et  1 enfant sur 5 subirait des violences ou abus. la Suisse n’est pas en reste avec 29 morts de violence domestique en 2019 et environ 300’000 personnes âgées maltraitées. Sachez qu’un protocole a été mis en place dans les pharmacies où les victimes peuvent réclamer de l’aide, notamment en demandant des « masques 19 » (code permettant de se signaler discrètement), ainsi que dans certains centres commerciaux. Les numéros dédiés et gratuits sont toujours en service. Si vous êtes témoin d’une situation de violence, ne laissez pas une personne rester enfermée avec son agresseur, aidez les victimes et signalez les agresseurs.

  • Pour la France : 17 (urgences), 3919 (Violences Femmes info), 0800059595 (Viols Femmes Informations), 119 (Enfance en danger), 114 (par SMS), 39 75 (accueil parisien), 144 (par SMS), App-Elles®.
  • Pour la Suisse : 117 (urgences), 144 (ambulances), 143 (La Main Tendue), 0848 00 13 13 (personnes âgées), 021 6207676 (Centre MalleyPrairie).

N’oubliez pas, pour sauver des vies il faut rester chez soi et respecter les règles de distancation physique… tout en continuant à maintenir le lien social et à aider ceux qui en ont le plus besoin!